Historique

Depuis des millénaires, l’Homme transporte des espèces nourricières, médicinales ou ornementales au-delà de leur aire d’origine.
Dès le néolithique (-6000 av JC en France), avec la naissance de l’agriculture et de l’élevage, l’Homme déplace les animaux et les plantes qui lui sont utiles.
Le phénomène s’accélère pendant l’antiquité et le moyen âge avec le développement du commerce en Europe et en Asie (route de la Soie).
Puis la découverte de l’Amérique à la fin du 15e siècle et les grandes explorations qui suivirent, marquent une ère nouvelle avec l’introduction d’espèces extra continentales.

Botanistes, pépiniéristes et autres amateurs s’évertuent alors à cultiver et acclimater de nouvelles plantes exotiques.
Les parcs et jardins ont été le lieu de prédilection pour accueillir les belles étrangères, qui, sans la volonté de ces curieux, n’auraient jamais fleuri sur notre continent.
Beaucoup d’espèces animales ont aussi été introduites pour les mêmes raisons : intérêt agricole, simple ornement ou nouveaux animaux de compagnie.
En 1854, Isidore Geoffroy Saint Hilaire fonde d’ailleurs la société zoologique d’acclimatation, avec l’objectif d’enrichir la France de nouveaux animaux utiles ou d‘ornement ; le programme s’étendra également aux plantes. Depuis, l’introduction de nouvelles espèces s’est poursuivie jusqu’à nos jours, qui, avec le développement des échanges commerciaux internationaux, a pris une toute autre ampleur. D’ailleurs, beaucoup d’espèces sont introduites involontairement : virus, bactéries, algues, champignons, insectes et graines voyagent aisément et passent clandestinement les frontières.

En Europe, les spécialistes estiment qu’il y a 12 000 espèces exotiques dans la nature.
Neuf espèces sur dix sont intégrées dans leur nouvel environnement, sans conséquence particulière. Seule une espèce sur dix est source de préoccupation. Elles sont alors considérées comme envahissantes (ou invasives).

Une espèce exotique envahissante (EEE) est définie, comme une espèce en dehors de son aire de répartition naturelle, introduite par l’homme, dont la propagation a un impact négatif sur l’économie locale ou la santé humaine ou la biodiversité.

Dans les parcs et jardins départementaux

Le Département est très attentif au risque de prolifération d’espèces en tout genre sur ses espaces de nature. Ce sont des milieux fragiles portant des enjeux forts pour les habitants et pour la biodiversité locale.

Aussi la protection du patrimoine végétal est une priorité et la lutte contre les ravageurs est un travail de tous les jours.
Citons en exemple, la lutte contre la pyrale du buis, petit papillon originaire d’Asie dont la chenille dévaste les buis. La surveillance est quotidienne car il n’existe pas de traitement préventif.

Au-delà des problèmes sanitaires des plantes, il faut aussi contrôler la prolifération de certaines espèces indigènes ou exotiques qui risquent de nuire à la qualité paysagère d’un site ou à sa biodiversité.
Quelque soit le type de lutte envisagée, aucun pesticide de synthèse n’est utilisé.
Le label Espace Végétal Ecologique (Eve ®) délivré par Ecocert, garantit la non utilisation de produits dangereux pour l’environnement.